Vu d'ici.

27.06.09

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Cher amour,

Aujourd’hui, il a plu et je vous aime. Demain, il fera beau et je vous aimerai encore. Cher amour, je ne sais pour combien de temps je vais vous aimer. J’ignore même s’il s’agit vraiment d’amour ou si ce n’est pas plutôt une malformation de mon esprit déviant d’avoir trop vu cet idéal du couple heureux un peu partout autour de moi. Cher amour, malgré l’univers qui se scinde en mille morceaux, malgré la société qui hurle au désespoir des prolétaires, je sais en dépit de tout que votre présence près de la mienne me rend folle. À chaque fois, j’en ai la tête qui se retourne, la poitrine qui me chavire et les jambes qui en tremblent. Je deviens dépendante à ce soubresaut que fait mon cœur lorsque vous faites apparition dans mon champ de vision. Cher amour, j’ai soif de vos différences, de vos immensités épeurantes. J’ai soif de votre soif insatiable, de votre vide trop souvent mal comblé. Je ne peux m’empêcher d’essayer de lire à travers vos yeux trop grands, trop verts, trop transparents pour que je ne puisse y voir quoi que ce soit. Vous êtes mon mystère, l’objet de mes curiosités inassouvies. Cher amour, voyez, voyez comme je défaille de sentir vos doigts m’échapper. Voyez comme je me meurs de vous savoir souffrir, voyez comme j’ai mal de vous savoir vous détruire.

Cher amour, il faisait soleil, un beau soleil rayonnant, vous étiez lumineux, vous étiez éblouissant, et j’ai su qu’il me faudrait désormais de vous m’abreuver pour pouvoir survivre. Cher amour, je vous promets, vos dépendances seront miennes, vos carences, je les comblerai. Je porterai le poids de votre faim de la fin sur mes frêles épaules. Je serai celle qui vous attendra.

Mon amour, je t’attends. Mon amour, je suis là. Mon amour, je t’aime.

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O2

J'étouffe de votre beauté, de votre trop grande soif de séduire, des regards bandants que posent les mâles sur vous. Je suffoque de disparaître derrière vous, d'être l'ombre qui vous permet de rayonner. Votre magnétisme qui rend dingues tous ceux qui ont le malheur de se trouver sur votre passage m'asphyxie. Je ne suis rien et vous êtes tout ce que je ne suis pas, tout ce que je rêverais d'être, tout ce qui m'échappe, tout ce qui fait mon manque d'oxygène. Vos yeux sont trop grands, vos cheveux trop brillants et moi, de par ma naissance erronée, j'ai absorbé tout le terne de ce monde. Vous avez le bonheur et j'ai hérité de cette envie décadente de me vider de moi-même. Je suis le truc sans saveur qui tente de s'approprier un peu de votre trop grande sensualité. J'ai mal de vous voir trop flamboyante. Mon coeur ne bat plus de me savoir une vulgaire copie de votre trop forte personnalité.

Car vous voyez, à côté de vous, moi, je cesse de respirer.
À côté de vous, je n'existe pas.

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Absence

Chez toi, il y a une absence. Un absence d'un truc que je ne saurai décrire du fait qu'il fut toujours du domaine de l'absence. Et tu vois, moi non plus je ne l'ai pas. Mais dans mon cas, peut-être n'est-ce pas dû à l'absence de quelque chose, mais bien à la trop grande présence d'une autre. Tu sais, le bonheur ce n'est pas dû à ce qu'on a. Ce n'est même pas dû à ce qu'on n'a pas. Tout est une question d'être, de ce que l'on est, des absences de soi et de nos inconstances. Mais tu sais, à la fin, toi et moi, nous dirigerons le monde. Nous le dominerons, parce que tu sais, toi et moi, nous n'avons rien à perdre de par l'abondance de nos absences, et c'est bien là notre force.

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" i want to be someone else or i'll explode "

Je n'ai aucun talent. Je suis l'artiste ratée, l'écrivaine aux mots brouillons. Mes pas maladroits n'ont rien d'esthétique, ma grâce présumée n'est qu'en fait maniérée.

Je ne suis rien. Mon identité est usurpée. Je ne suis pas celle que vous voudriez que je sois, je ne suis même pas celle que vous croyez voir en moi. Je suis née pour vous décevoir. Je vis pour être déçue. Appelez-moi déception.

J'aurais voulu te donner mon coeur, mais à la place, je t'ai laissé avec mes attentes et mes lacunes. Je suis désolée. Je n'ai que mes maladresses à t'offrir. Mes maladresses de mots, mes mots maladroits. Excuse-moi.

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Juliette&Chocolat

Il y en avait tant. Tous plus beaux les uns que les autres. Des ronds, des carrés, des losanges. Des blancs, des bruns, des noirs. On aurait dit de petites merveilles. Des petits trésors. Leur magnétisme était indéniable. Mais je ne devais pas. Il ne fallait pas. Et puis finalement, l'insoutenable tentation gagna de moi. Je venais de signer leur mort et la mienne en même temps. Un à un, ils ont disparus. Un à un, ils ont laissé des espaces vides combler la jolie boîte tout de rouge ornée. Et puis jusqu'au dernier. En le sentant s'évanouir aux creux de mes lèvres, je le sentis à nouveau. Ce monstre, cette petite terreur, ma hantise à moi. Et soudain, il était là, plus puissant que jamais. Il était là, devant moi, à travers moi, en moi. Il se tenait debout comme un seul homme, prêt à m'engloutir, prêt à me disparaître. Et alors, j'ai commencé à m'effacer. Il avait déjà gagné. Il gagne toujours, ces temps-ci. C'est que l'automne et la mort des jours l'aide à prendre des forces. C'est que tout va trop vite et il en profite. De vitesse, il se nourrit. Et il gagne. Et il gagne encore et encore. Et puis voilà. Devant moi. Tout ce chocolat.

And This Was It. And This Is No More.

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again.

Tu sais mettre des mots sur des vérités, sur des choses qu'on ne s'avoue qu'à moitié. Tu arrive à identifier la hantise qu'on n'ose prononcer tant sa puissance et sa force qui pourraient tout détruire effraient. Tu comprends probablement mieux que la plupart des gens ne le feront jamais. Et je t'admire pour ça.

Mais tu oublies qu'il n'y a pas que cela, que je ne suis pas que cela. Tu oublies que ta façon d'agir avec moi interfère avec ce que je tente de devenir, avec ce que je suis un peu plus chaque jour. Parce qu'il est vrai que tout cela, cette crainte de te perdre, de vous perdre, elle est en quelque sorte un apprentissage précieux qui m'aura rendue plus forte à la fin.

Et puis, tu disais n'avoir jamais été vraiment proche de moi. Mais je n'ai jamais senti cette volonté de ta part de te rapprocher de moi. Peut-être parce que plus ou moins inconsciemment, je te faisait peur. Je ne sais pas. Sauf que je crois avoir à offrir davantage qu'un vide, qu'une peur. Tu me reproche mon manque de personnalité, d'affirmation. Mais m'écouterais-tu si j'exprimais ce qu'en ce moment je tais?

Comme toi, j'ai un fort caractère et comme toi, j'ai tendance à avoir de hautes attentes envers les gens et une opinion sur tout. Mais la différence, c'est que je ne suis comme ça qu'avec ceux que je n'ai pas peur de perdre. La différence entre toi et moi, c'est que tu ne crains pas que les gens te laissent, tu as une confiance en la vie que je tarde à acquérir, que je rêverais avoir, qu'un jour j'aurai.

Je te remercie de me rappeler que malgré tout, je ne te laisse pas complètement indifférente.
Parce que, bien pire que la haine ou le mépris, bien pire que le dédain ou la méchanceté, l'indifférence tue. Parce que lorsqu'on t'es indifférent, tu n'es pas mieux que mort. Tu n'existes plus.
Merci de me laisser croire que ce nous que je chéris tant persiste toujours, qu'il semble vouvoir survivre au temps qui passe et à l'usure.

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...

Je t’aime. Comme une folle peut-être. À tort, probablement. Je t’aime, parce que ta simplicité rend le monde moins tordu. Je t’aime, pour tous les moments magiques que tu m’as fait vivre. Surtout, je t’aime pour la façon que tu as de poser tes yeux sur moi. Et aussi, je t’aime, parce qu’avec toi, la vie est plus jolie. Tu n’es pas plus spécial que les autres, tu n’as rien de bien exceptionnel. Tu n’es même pas magnifique. Ce que je te trouve? Mon dieu, tant de choses… J’aime entendre tes respires dans mon cou. J’aime la texture veloutée de ta peau contre la mienne, la sensation de renaître chaque fois que tu poses tes lèvres sur les miennes. Et je ne pourrais pas me passer de nos moments de silence qui en disent mille fois plus que tous les mots du monde. Petits instants idylliques de pur bonheur. Je ne pourrais jamais me passer de toi. De toi et de ton éternelle joie de vivre. De toi et de ta merveilleuse façon de voir la vie. Je t’aime, excuse-moi.

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03.06.09

Allegory of the cave.

alors reste-y, si tu t'y plais tant. consomme l'ignorance, abreuve toi de chimères.

Respire de ton utopie. Valse de tes illusions.

habite ton confort, habite le bien, avant qu'il ne finisse par te consumer.

Moi, pendant ce temps, je saignerai mes tripes de la vérité.

j'irai creuser l'abîme de l'absolu.

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23.05.09

i'm sorry.

Pardonne moi. J'explose, j'implose, je fais une folle de moi. J'ai du mal à me contenir. Je déborde, je me brise. Tout est trop flou. Je suis floue. Toi, t'es vague. Et il n'y a plus rien qui fasse du sens. Tout va trop vite. J'ai trop peur. Peur de te perdre, peur de me perdre. Tout est trop. Je vois plus les limites. il y a plus de limites. Je respire plus. J'étouffe. Complètement asphyxiée. Je suis l'univers au grand complet. Mon immensité n'a pas de limites.
J'ai voulu te faire sentir que j'étais là pour toi. Et finalement, je t'ai fait peur.

Tu vois pas qu'on se détruit quand on est ensemble?

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17.05.09

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je ferme les yeux parce que sinon, c'est trop douloureux. toutes ces lignes parfaites, toutes ces courbes irréprochables. une finesse de traits à s'en rendre malade. des jambes fines, longues, infinies. une taille svelte, délicate, filiforme. la beauté, ça brûle par en dedans. c'est bien plus que de la jalousie, c'est bien plus qu'une symétrie trop parfaite. c'est bien plus que 34 - 24 -34. la beauté, c'est le mal de toutes les femmes qui sont trop peu regardées, c'est la souffrance de se savoir inférieure, de se savoir trop comme ceci, pas assez comme cela, de n'être rien, de n'exister que dans l'absence du regard d'autrui. la beauté, c'est ce qui nous mènera à notre perte, c'est ce qui, au final, va nous anéantir. c'est ce qui fait que déjà, la femme s'est détruite en commençant par cracher sur tout ce que nos féministes d'ancêtres avaient pu bâtir pour nous. ça nous prend par les tripes, c'est plus fort que nous.
il y a que la beauté, ça condamne à s'incliner devant toute cette grandeur, devant toute somptuosité.

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